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Portraits d'orvaltaises : Sophie Briendo

Publiée le :

lun, 28/03/2022 - 12:34
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« Les blagues sur les blondes, aujourd’hui, ça ne passerait pas ! »

Après une vie professionnelle bien remplie en tant qu’infirmière et une vie familiale tout aussi dynamique en tant que maman de trois enfants, Sophie Briendo est une jeune retraitée très énergique. Cette fringante Orvaltaise aime la lecture, la nature et les activités de plein air, elle marche, jardine, fait du vélo… Entre deux activités, elle nous livre sans détour sa vision sur sa vie de femme active et sur celles des femmes d’aujourd’hui.

« J’ai la chance de n’avoir jamais vécu de harcèlement physique ou moral », convient-elle. « En revanche, ayant toujours eu les cheveux blonds, j’ai subi toute ma vie les blagues sur les blondes ! Des blagues faciles, j’en ai entendu beaucoup, même si elles n’étaient pas forcément exprimées de façon négative. De nos jours, ça ne passerait pas : le féminisme, l’égalité homme-femme sont des questions sensibles et il me semble que les jeunes filles d’aujourd’hui, davantage à fleur de peau sur ces sujets-là, se rebifferaient contre ce type de préjugés ». Que ce soit lorsqu’elle était interne, à la fin des années 70, dans un lycée privé de filles ou étudiante en école d’infirmières, Sophie Briendo concède d’ailleurs n’avoir jamais abordé des sujets autour du féminisme dans sa jeunesse. « Nous étions toujours entre filles et nous ne parlions pas du tout de ça ».

Si elle affirme n’avoir jamais eu le sentiment d’être dévalorisée par rapport aux hommes, elle se souvient quand même d’avoir senti la différence d’éducation entre son frère et ses sœurs. « Ma mère était en complète admiration devant son fils. Moi, j’étais la petite dernière et je sais que mes parents auraient clairement préféré avoir un autre garçon ». Fille ou garçon, qu’importe ! La mère de Sophie était très ambitieuse pour sa fille : elle voulait que celle-ci devienne ingénieure agronome. « Si elle avait pu, j’en suis convaincue, elle aurait certainement fait des études brillantes. Mais, dans sa génération, l’accès aux études supérieures pour les femmes, qui plus est en milieu rural, c’était inimaginable. Il fallait commencer à travailler jeune… ».

Aider les gens, faire de la prévention, l’humain et le relationnel, c’est ce qui a toujours motivé Sophie Briendo. Faisant fi des rêves de sa mère, elle se tourne donc vers le secteur paramédical. Infirmière pendant 15 ans, elle se spécialise dans le domaine des soins palliatifs, puis devient infirmière coordinatrice dans un service de cancérologie, avant de poursuivre son évolution professionnelle comme responsable d’un service de médecine au sein d’une clinique nantaise. « Dans mon métier, nous n’étions pratiquement que des femmes et je ne voyais pas de différence de traitement avec mes rares collègues infirmiers. L’égalité salariale était respectée et je n’ai jamais connu de cas où les hommes auraient eu une évolution de carrière plus favorable que les femmes. Ce qui me fait dire que, durant toute ma carrière, je n’ai jamais senti d’inégalités homme-femme. En revanche, je voyais bien la différence entre ce que gagnait mon mari et mon salaire ! Mais il me semble que c’était davantage lié au fait que le métier d’infirmière n’était — et n’est toujours — pas rémunéré à sa juste valeur… »

Sophie Briendo reconnaît avoir été bien soutenue par son mari lorsqu’elle était en activité, avec trois enfants à gérer. « Je pense qu’une femme peut tout à fait mener une carrière professionnelle comme elle le souhaite, à condition d’avoir un conjoint qui peut s’adapter aux contraintes de son épouse, notamment quand les horaires de travail le nécessitent. Cela a été mon cas pendant longtemps : lui était cadre dans une entreprise avec des contraintes et des responsabilités, mais il pouvait moduler son travail en fonction de mon emploi du temps. Ça tombait bien, car j’avais des amplitudes horaires importantes et je travaillais aussi de nuit ou certains week-ends. C’est lui qui s’occupait alors des enfants, les déposait à l’école et les accompagnait pour leurs devoirs. Sans ce partage des rôles, mon parcours professionnel aurait été freiné, c’est une évidence ! »

Pour sa fille, mère de deux enfants, Sophie ne constate pas tant de progrès que ça. « Certes, son mari s’implique dans l’éducation des enfants tout autant que son père le faisait, mais je trouve que l’ascension professionnelle de ma fille est plus lente que celle de mes fils par exemple. À même niveau d’études, son frère, pourtant plus jeune, a une rémunération supérieure. Je trouve que le schéma se perpétue de génération en génération. Entre les hommes et les femmes, les inégalités les plus flagrantes demeurent figées concernant l’évolution professionnelle. Cela est sans doute en partie lié au fait que c’est le plus souvent la femme qui travaille à temps partiel. Ce qui est important, pour sa génération et les suivantes, c’est de trouver un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. Cet équilibre passe par un partage des tâches ménagères, des courses, le bricolage, la cuisine, etc. Sur ce point, je doute qu’il soit possible d’avoir une égalité à 100 % entre les hommes et les femmes, tout simplement parce que certaines tâches sont plus physiques que d’autres. Mais ce qui est important, c’est d’arriver à un partage équitable des temps de loisirs entre l’homme et la femme , pour que chacun s’épanouisse au sein de sa famille ».

 

Propos recueillis par Florence Jarry, journaliste 

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